Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
14 Juil 2019 | Observatoire
 

Boire régulièrement un peu trop de boissons sucrées – soit plus d’un petit verre de soda ou de simple jus de fruits par jour – pourrait favoriser la survenue de cancers, suggère une vaste étude publiée ce 11 juillet, relayée par l’AFP.

La consommation de boissons sucrées a augmenté dans le monde au cours des dernières décennies et elles ont déjà été associées à un risque accru d’obésité, elle-même reconnue comme un facteur important de risque de cancers. Et des chercheurs en France ont voulu évaluer l’association, jusque-là moins étudiée, entre les boissons sucrées et le risque de cancer.

À partir de l’étude de la cohorte française NutriNet – Santé, soit 100 000 adultes enregistrant sur Internet leur comportement alimentaire depuis 2009.

•• « Nous avons constaté qu’une augmentation de la consommation de boissons sucrées était positivement associée au risque global de cancer et de cancer du sein », écrivent les auteurs de ce travail paru dans The British Medical Journal (BMJ).

Une simple « augmentation de 100 ml par jour en moyenne de la consommation de boissons sucrées, ce qui correspond à un petit verre ou près d’un tiers de cannette standard (33 cl), est associée à une augmentation de 18 % du risque de cancer », relève le docteur Mathilde Touvier, directrice de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle Eren (Inserm/Cnam, Paris). L’augmentation est de 22 % pour le cancer du sein.

À noter que le risque apparait de façon similaire qu’il s’agisse de boissons sucrées ou de purs jus de fruits sans sucre ajouté.

•• Les résultats suggèrent effectivement une augmentation de 30 % du diagnostic de « tous les cancers » dans le groupe – parmi la cohorte – qui consomme le plus de boissons sucrées par rapport à celui qui en consomme le moins.

Même si l’étude ne permet pas de démontrer un lien de cause à effet, elle montre une « association significative », explique la chercheuse à l’AFP. Les facteurs (âge, mode de vie, activité physique, tabac…) qui auraient pu influer sur les résultats ayant été pris en compte.

Et « c’est le sucre qui semble jouer le rôle principal dans cette association avec le cancer », qui n’apparaît pas pouvoir être uniquement expliquée par une prise de poids des participants à l’étude.

•• Pour les auteurs, ces résultats « confirment la pertinence des recommandations nutritionnelles existantes pour limiter la consommation de boissons sucrées, y compris les jus de fruits 100 %, ainsi que des mesures politiques » … telles que les taxes et restrictions commerciales à leur encontre.