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2 Mar 2018 | Profession
 

Ce 1er mars, Philippe Coy est intervenu en direct sur un certain nombre de médias le sollicitant à propos de l’augmentation des prix du tabac : par exemple, RMC, France Info, Sud Radio, LCI ou encore … RTL Soir dont nous reprenons son intervention.

• Vincent Parizot : « Est-ce que les buralistes sont en colère ? »

• Philippe Coy : « Non, ils ne sont pas en colère, car le calendrier de cette augmentation était annoncé par le vote du Parlement d’octobre dernier. Mais bien évidemment, je ne suis pas satisfait, comme les 25 000 buralistes que je représente, de ce calendrier fiscal, car une fois de plus le prix est l’unique argument pour combattre le tabagisme. Or, ce n’est pas le bon outil comme on peut le constater depuis 2003. »

• V. P. : « À propos, comment expliquez-vous que la consommation baisse effectivement mais pas dans la même proportion que les hausses de tarifs de cigarettes ?»

• Ph. C. : « Vous faites référence à des chiffres qui correspondent à la baisse des achats légaux en France. Demain, une part des consommateurs voudront toujours fumer. Un grand nombre viendra chez nous, du moins je l’espère, mais d’autres voudront s’approvisionner sur le marché parallèle.

« C’est cela, le souci d’avoir des pays européens où le produit est nettement moins cher. Voilà en quoi les buralistes sont mécontents d’une politique qui n’est que fiscale, alors qu’il faut de la pédagogie, car c’est bien de la santé publique dont on doit s’occuper ».

• V. P. : « Vous partagez les objectifs d’Agnès Buzyn ?»

• Ph. C. : « J’ai d’abord demandé à madame Buzyn de la rencontrer. Les buralistes ont du cœur. Ce sont des commerçants de proximité. Ce qu’ils dénoncent c’est une « politique de santé spectacle », car aujourd’hui ce que l’on constate c’est qu’un marché s’est créé en dehors du monopole légal. La réalité c’est que depuis dix ans nous avons perdu 8 000 entreprises.

« Nous pensons qu’en matière de lutte contre le tabagisme il faut plus de pédagogie et d’accompagnement. C’est en quoi les buralistes sont potentiellement des acteurs du Moi(s) sans tabac. En effet, nous avons un rôle à jouer auprès de ceux qui veulent s’émanciper des produits du tabac : voilà pourquoi le vapotage a toute sa place chez le buraliste ».

• V. P. : « C’est quoi le bureau de tabac de 2025 ?»

• Ph. C. : « Nous sommes fiers d’être buralistes et donc fiers d’être des entrepreneurs. Il y a quatre ans nous avons été capables d’intégrer de nouvelles activités de services bancaires, comme le Compte Nickel. Avec le développement du commerce par Internet, nous avons un rôle croissant à jouer en tant que point de contact physique de proximité.

« Mon objectif est que le buraliste représente le drugstore de tous les Français dans leur vie quotidienne ».