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11 Juil 2018 | Pression normative
 

La proposition du « lobby de l’alcool » de contribuer à la prévention de l’alcoolisme n’est qu’un « nuage de fumée » et une marque de « cynisme », estiment des addictologues et des médecins dans une tribune du quotidien Le Monde, publiée ce mardi.

« Son discours est d’une simplicité angélique : Laissez-nous faire ! Croyez-nous sur parole ! Dormez braves gens ! Faites confiance à notre sens des responsabilités ! » ironisent les signataires du texte.

•• En effet, dans un texte présenté le 27 juin à l’Élysée, les professionnels de vins, bières et spiritueux de l’alcool avaient proposé d’apporter pour la première fois leur participation au plan de santé publique en finançant la prévention de l’alcoolisme : avec près de 5 millions d’euros annuels destinés à financer, pendant quatre ans, des actions de prévention contre la dépendance à l’alcool (voir Lmdt du 3 juillet).

•• Leur objectif est « de créer un nuage de fumée, et d’empêcher toute politique de prévention efficace », dénoncent les signataires de la tribune, dont les addictologues Michel Reynaud et Amine Benyamina, la pneumologue Irène Frachon et l’épidémiologiste Catherine Hill.

Ils y voient le « cynisme d’un lobby qui ne cherche qu’à préserver ses propres intérêts, quelles qu’en soient les conséquences ».

Ils dénoncent en outre le « conflit d’intérêts » que représente selon eux la présence d’Audrey Bourolleau au poste de conseillère Agriculture de l’Élysée. Elle était en effet déléguée générale du « lobby du vin » avant de rejoindre Emmanuel Macron (voir Lmdt du 29 mai 2017).

•• La tribune épingle la « pingrerie » de la filière : « il essaie de faire passer un financement hypothétique de la prévention de 5 millions d’euros pour un apport décisif alors que les chiffres d’affaires cumulés de la filière se comptent en milliards ».

Les signataires demandent la création « d’un fonds prévention alcool digne de ce nom », qui « bénéficie de la même dotation que le fonds tabac (100 millions d’euros) et soit sous la responsabilité du ministère de la Santé » (voir Lmdt du 30 juin 2018).