Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
30 Déc 2018 | International, Trafic
 

Cela se passe comme cela, à l’Est de l’Europe. Depuis des années, une usine des faubourgs de Librazhd (à l’Est de la capitale albanaise Tirana) produit des millions de cigarettes de contrefaçon qui sont exportées en Afrique du Nord.

Les paquets de cigarettes copient Cleopatra – la marque la plus populaire en Égypte et dans les pays alentours – mais aussi l’une des plus vendues au monde. La justice albanaise ne semblerait pas pressée d’agir.

•• Des journalistes du site indépendant Balkan Insight ont effectué une longue enquête sur ce trafic. En voici l’essentiel. Selon des documents de la justice albanaise et des douanes britanniques qu’ils se sont procurés, un lot d’environ 22 millions de paquets de ces cigarettes contrefaites, par exemple, est sorti de l’usine de Librazh pour partir ensuite vers la Libye.

À la suite, une enquête a bien été ouverte en 2015, mais elle a été suspendue, les procureurs albanais « attendant des informations de juridictions étrangères ».

Le dossier aurait, selon les journalistes, été rouvert en 2017. Et le 12 décembre, la procureure en charge du dossier leur a confirmé que son enquête était toujours en cours et qu’elle attendait des documents égyptiens pour pouvoir avancer …

•• En attendant, l’usine Albania Tabak continuerait à produire et à vendre ses cigarettes de contrefaçon en toute impunité. Elle produirait désormais 175 millions de paquets par an, grâce à un partenariat conclu avec la holding Eques, une entreprise basée dans les Îles vierges britanniques.

Derrière cette société écran se cacheraient plusieurs hommes d’affaires venus des Balkans, de Chypre et du Moyen-Orient, liés aux différentes mafias de leurs pays respectifs.

•• Le manager de l’usine a expliqué aux journalistes venus l’interroger qu’il produisait juste des cigarettes et qu’il n’en savait pas plus sur la destination de la marchandise.

Pourtant, sur les paquets figure la mention « Made in Egypt by Eastern Company S.A.E ». Le propriétaire de l’usine n’est autre qu’un individu reconnu coupable de trafic de drogue en juin 2010 par la justice italienne et condamné à 15 ans de prison. Extradé en Albanie, il a été libéré en 2017.