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17 Jan 2019 | Pression normative
 

Ce n’est pas le ministre le plus connu du Gouvernement … mais depuis ses déclarations sur BFM hier, Didier Guillaume, en charge de l’Agriculture, va grimper en notoriété.

Une semaine après les premières annonces sur le nouveau plan gouvernemental contre les addictions – déjà critiqué par certains pour l’impasse faite sur l’alcool (voir Lmdt des 8 et 13 janvier) – il a affirmé que le vin « n’est pas un alcool comme les autres ».

•• « L’addiction à l’alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du binge drinking. Mais je n’ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu’il a bu du Côtes-du-Rhône, du Crozes-Hermitage, du Bordeaux ou des Costières de Nîmes, jamais. Ils boivent des mélanges, des mix, de l’alcool fort », a-t-il argumenté.

Et d’ajouter : « il faut lutter contre toutes les addictions, et il faut éduquer les Français, les Françaises, la jeunesse, au beau, au bon. Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c’est. Mais je le redis : attention aux addictions » … avant de souligner que la viticulture est un élément économique fort du pays.

•• Des déclarations qui ont mis le feu aux poudres côté professionnels de la santé. « Quel aveuglement ! M. Guillaumetous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria ou de beaujolais nouveau. Pour être plus précis, il y a tous les jours des comas éthyliques au vin », a réagi sur Twitter le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du fonds actions addictions.

Ce discours du ministre « place surtout la France dans une position intenable et lamentable quant à l’influence du lobby sur nos politiques », a estimé pour sa part le professeur Amine Benyamina, psychiatre spécialiste des addictions, également sur Twitter.