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23 Mai 2020 | Observatoire
 

Certaines boutiques de tabac, à la frontière belge, ont adressé un mail à leurs bons clients français pour leur signaler que les établissements avaient rouvert depuis le 4 mai.

Une incitation à venir passer la frontière pour acheter du tabac en contradiction avec les règles du confinement (voir 13 mai). 

•• Reste que tous les tabacs de la frontière ne sont pas ouverts. Mais au Perroquet (grand camping frontalier situé au milieu des dunes) seul « Tabac plus » a ouvert ses portes, juste en face de l’arrêt de bus, de nouveau desservi, rapporte La Voix du Nord.

« Notre clientèle est 100% française » témoignent deux employées, conscientes que, théoriquement, cette clientèle n’a pas le droit de venir. « Dès que la police belge s’en va, les clients arrivent » précisent-elles. « Ces deux derniers jours, par exemple, les policiers étaient là quasi en permanence. Mais dès qu’ils sont partis, les clients sont revenus. »

•• Le but du jeu est de ne pas se faire attraper. Si le tabac est plus de 30 % moins cher, l’amende est à 250 euros. Alors ce n’est pas encore la grosse affluence.

La patrouille de police connaît les horaires des bus. Et chaque Français qui arrive en voiture voit sa plaque et son véhicule filmés en direct dans le système de vidéosurveillance de la West-Kust.

•• Route de Furnes, le premier tabac à la frontière est encore fermé. Il faut s’enfoncer un peu plus en Belgique, à Adinkerque, pour voir les premières enseignes aguicheuses allumées. Un commerçant indique que sa clientèle est surtout française, qu’il y a des moments très calmes, mais que la vente reprend par à-coups. Que la police tourne, mais pas si souvent.

Un client, de Coudekerque, vient de s’approvisionner :  « une commande groupée. On achète et on traîne pas. Je dirai … que j’étais pas au courant qu’on n’avait pas le droit de venir. » Et d’ajouter : « j’ai un copain qui, lui, a un ami en Belgique. Il achète pour lui et vient lui filer le tabac à la frontière, discrètement. »