Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
2 Sep 2018 | Trafic
 

Cette dernière décennie, les « ventas » d’Irun, de Dancharia et du col du Pourtalet ont alterné les belles années et celles (relativement) moins mémorables.

Alors que les prix des cigarettes et du carburant en France ne cessent d’augmenter, elles continuent à attirer toujours autant de Français, notamment des Béarnais.

Reportage de La République des Pyrénées (édition du 1er septembre) sur les zones de Behobia, à Irun, et du col du Pourtalet.

•• « Les Français nous donnent la vie » confie Eduardo dont le fils est un des deux co-gérants de l’enseigne Petruso au col du Pourtalet, « on vous dira tous la même chose : environ 80 % de la clientèle vient de France » glisse l’Espagnol, à la barbe blanche. En haut des cimes ou en bord de mer, comme à Behobia, le constat est le même.

Cet employé d’une boutique de tabac glisse : « même si ça devient de plus en plus cher pour eux de venir jusqu’à nous, car le prix de l’essence a beaucoup augmenté en France, ça reste rentable pour les Français de faire leurs achats chez nous. Ce n’est pas compliqué : un paquet de Marlboro coûte 5,15 euros chez nous, 8 euros chez vous ! Pas besoin de calculer longtemps ».

Et à voir les coffres des clients français, les affaires ne semblent pas faiblir. Elianne, originaire de l’agglomération paloise et qui sort d’une venta au Pourtalet, ne s’en cache pas : « je viens en général une fois tous les deux mois, voire une fois par mois en période estivale. Même si sur certains produits, notamment l’alcool, la différence tend à se résorber, les ventas valent toujours le coup ! » Et Lionel, venu en famille à Béhobia depuis Bayonne, rajoute : « et il n’y a pas que l’alcool, les cigarettes ou l’essence. Charcuterie, fruits, produits du quotidien : quasiment tout est moins cher ».

•• Pour autant, la manne française change ses petites habitudes. Roberto, de la venta Sancho au col du Pourtalet, détaille : « avant, les Français ne venaient que pour faire leurs achats. Un aller et retour, juste aux ventas. Désormais, nous sommes devenus une « étape » dans une journée loisirs. Par exemple, ici au Pourtalet, c’est souvent après une petite randonnée ou une balade que les gens passent nous voir ».

Si la fréquentation dans son ensemble ne s’en trouve pas sensiblement impactée, les ventas se voient désormais tributaires de nouveaux facteurs. Roberto reprend : « une journée où le temps est mauvais, on n’a personne. Regardez le mois de juillet : le temps n’était pas terrible, et les affaires n’ont pas été florissantes. Autre exemple : on a senti une baisse notable de la fréquentation quand les employés du train d’Artouste étaient en grève… »

•• Les seuls qui semblent encore habitués aux allers-retours vite faits, ce sont « les plus proches frontaliers français ». Vincent, de Saint-Jean-de-Luz, confirme : « même pas 20 kilomètres à faire ! Bon, en été, ça prend pas mal de temps avec les touristes sur la route, mais je fais un paquet d’économies à faire mes courses aux ventas. Je viens deux à trois fois par mois, je remplis le chariot et la voiture ! »

(Voir aussi Lmdt des 30 et 31 août)