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11 Juil 2018 | Trafic
 

À propos de Belgique …

À part le tabac et les chocolats, les Français ont-ils d’autres bonnes raisons de se rendre au Bizet tous les dimanches ? se demande La Voix du Nord en ce début de semaine. Les commerçants vantent beaucoup l’accueil « à la sauce belge » et les clients français une certaine ambiance.

•• Le Bizet n’est pas la seule commune frontalière à voir débarquer ces « envahisseurs » de Français tous les dimanches. Comme à Menin, Comines (voir Lmdt du 15 aout 2017) ou encore au Mont-Noir (voir Lmdt du 9 avril 2017) la raison numéro un est bien sûr le prix avantageux du tabac.

Sandy arrive du Havre. Il a pris la route à 5 h 30 (« à cause du 80 km/h ») et sort d’un magasin avec deux grands sacs bien remplis. « On vient tous les mois pour le tabac, les chocolats et le parfum. On se pose un peu car il y a de la route, mais on ne reste pas la journée. »

Jérémy vient de Marles-les-Mines, environ deux fois par mois, pour le tabac : « c’est devenu une habitude ». Et lui non plus ne jouera pas les touristes.

Un Dieppois, en train de siroter un café en terrasse, assure « on vient chercher des cigarettes. Mais on apprécie aussi la convivialité ». Ce qui se vérifie dans les cafés l’après-midi.

•• La convivialité. C’est le maître mot des commerçants bizettois. Entre ceux qui ont le tutoiement facile et ceux qui prennent le temps de vous conseiller, on ne peut pas dire qu’on est mal reçu en Belgique, rapporte le journaliste.

Face à la multiplication des marchands de clopes et de chocolats à bas coût, les Bizettois ont compris qu’il fallait faire la différence. « La quantité se mesure. La qualité s’apprécie », annonce une pancarte placée devant un magasin de pralines artisanales. « Je n’ai pas à me plaindre », déclare la patronne Anne-Sophie Turpin, « mais le commerce unique, ça tue les autres commerces. » « Je travaillais mieux quand il n’y avait pas les tabacs », assure plus directement un restaurateur.

•• Chantal Defever tient et défend une institution locale, « Chez Carlo ». Ici, on vend tabac, épicerie, bijoux, montres, idées pour de petits cadeaux … « Les gens nous le disent, c’est l’accueil, la gentillesse qui les fait venir … Le dimanche, ce n’est pas que pour le tabac » insiste celle dont la clientèle dominicale est principalement française, mais qui se veut aussi « une référence pour la population locale ».

Mais il y a aussi l’envers du décor. Comme dans d’autres communes frontalières, les gros marchands de tabac ont pris le dessus sur les autres. Et ce « supermarché » qui s’est installé sur la place de la commune, il y a une dizaine d’années, n’a pas fait que des heureux. Là-bas, on vend de tout et on casse les prix, et les Français y sont nombreux.

Pour Chantal, ce qui compte, c’est l’accueil et le conseil que les grandes surfaces ne sont pas capables de donner.

•• Pour Étienne, patron du restaurant A’l Popote depuis 32 ans, il y a toujours eu beaucoup de Français le dimanche au Bizet : « l’attrait, c’est la Belgique. Parce que c’est plus convivial. C’est pas plus le Bizet qu’ailleurs … Et ce n’est pas le tabac non plus. J’entends souvent des gens dire : « heureusement pour vous qu’il y a le tabac … Mais le tabac ça ramène, à part une minorité, une clientèle qui ne va pas dépenser … ».