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8 Mai 2018 | Profession
 

Confidences de Hugues Le Bret … alors que Nickel a connu l’ouverture de son 900 000ème compte, ce lundi 7 mai.  

Kiss My Frogs (KMF) – site d’information des startups et de la tech en France, édité par Microsoft France – a voulu entendre le témoignage du co-fondateur de Nickel, Hugues le Bret (voir Lmdt du 4 avril), « un entrepreneur inclassable au discours sans langue de bois sur l’écosystème ».

Extraits.

• KMF : Cela fait un an que vous avez été racheté par BNP Paribas (voir Lmdt du 28 février). Et depuis début avril, Compte Nickel, le « compte sans banque », est devenu Nickel, « le compte pour tous » (voir Lmdt du 12 avril). Au fond qu’est-ce qui a changé ?

• Hugues Le Bret : Si peu. Nous sommes passés de 140 à 2 actionnaires (BNP et Confédération / ndlr), c’est plus simple. Pour le reste, on est comme un stylo Bic. On ne va pas le changer alors que des millions de personnes l’achètent pour sa simplicité. Oui, j’insiste là-dessus, Nickel est une filiale autonome de BNP Paribas. On a conservé notre indépendance et notre autonomie de parole.

• KMF : Pourtant, le lancement de votre offre « premium » Nickel Chrome vous positionne sur un terrain nouveau. Pourquoi ?

• Hugues Le Bret : C’est vrai, mais nous avons toujours été universels. Certes, nous nous adressons aux débancarisés mais pas que. Il y a une vraie diversité parmi notre clientèle : certains utilisent Nickel pour leurs achats en ligne, d’autres pour des paiements à l’international. 

Depuis le début, notre philosophie, c’est : « pas de tapis rouge ni de soupe à la grimace ». Et quand nous avons rencontré des interdits bancaires avant de nous lancer, nous avions bien compris qu’aucun ne voulait être mis dans un ghetto. C’est très important, pour nous, que la marque Nickel s’adresse à tous et ne soit pas stigmatisante.

• KMF : Vous êtes passés de la banque à la fintech pour revenir dans le giron d’une banque. La boucle est-elle bouclée ?

• Hugues Le Bret : Je considère qu’on n’a jamais bouclé la boucle et que tout marche par salve. Un sujet qui me tient à cœur, c’est de ne jamais être clanique. On oppose souvent le public au privé, les diplômés de grandes écoles aux autodidactes, la province à Paris, les riches aux pauvres. 

Je pense que la société devrait être plus fluide. On devrait pouvoir travailler en start-up, puis dans un grand groupe, puis devenir professeur, sans oublier le coopératif. Pour moi, c’est naturel. Une seule chose compte : le combat que l’on mène (…)

• KMF : Qu’est-ce qui vous anime le plus aujourd’hui ?

• Hugues Le Bret : Rester le mentor de l’équipe Nickel, et mener le développement à l’international. Il y a 30 millions d’interdits bancaires en Europe. 25 % de la population aux États-Unis est débancarisée et 50 % en Asie. Il y a encore beaucoup de combats à mener. 

Ensuite, aider BNP à créer des modèles digitaux pour lancer des offres disruptives.