A la Bourse de Londres, l’action Imperial Tobacco a clôturé à 2370 pences (+ 1,63%), mardi 30 octobre au soir. Ce qui laisserait à penser que les investisseurs n’ont pas sanctionné la chute de son bénéfice net (- 62%) sur l’exercice annuel 2011 – 2012 (d’octobre à septembre). Rappelons que cette situation est principalement due à une provision exceptionnelle de 1,4 milliard d’euros pour dépréciation de son fonds de commerce en Espagne (voir Lemondedutabac du 30 octobre). Lire la suite »
Nouveau « coup de gueule » à l’Assemblée nationale, lors des questions orales au gouvernement de la séance du mardi 30 octobre.
Jean-Pierre Gorges, député-maire de Chartres (UMP), demande à Jean-Marc Ayrault, premier ministre, qui sera le prochain bouc émissaire du matraquage fiscal : « toutes les semaines, un nouveau bouc émissaire. Avec le PFLSS, tout le monde y passe : les familles, les cadres d’entreprise, les professions libérales, une taxe sur la bière, une taxe sur les cigarettes … Un véritable catalogue et un matraquage fiscal sans précédent, et c’est maintenant le tour des retraités … Vous dites que neuf Français sur dix ne sont pas touchés par les hausses de taxes, aujourd’hui, il me semble que c’est le contraire ».
Précisons que Jean-Pierre Gorges est fréquemment intervenu, au Palais Bourbon, sur le sujet des pertes fiscales engendrées par le marché parallèle du tabac.
Deux braquages de buralistes, à 48 heures d’intervalle, prouvent, s’il en était besoin, que la banalisation de l’ultra-violence accompagne le développement d’une délinquance liée, bien souvent par ailleurs, au trafic de tabac.
Dimanche matin, dans la banlieue de Toulouse, un couple de buralistes a violemment été agressé avant l’ouverture de leur tabac-presse. Deux agresseurs armés les ont braqués et ligotés pour piller leur réserve de cigarettes (20 000 euros), en prenant soin de choisir les marques les plus vendues. Le buraliste confirme qu’il s’agit d’un braquage très violent : « Oui ce sont des méthodes de grand banditisme pour de tabac, bien sûr ! ». Selon lui, c’est « la conséquence directe des augmentations du prix du tabac. Nos politiques ne se rendent pas compte. De toute façon ça va aller de pire en pire. Maintenant, les cigarettes, c’est comme si on vendait des lingots d’or ! ».
Hier, mardi 30 octobre, c’est au tour d’un gérant de tabac parisien de se faire braquer sur le chemin de sa banque. Menaçant le commerçant avec une arme de poing avant de tirer dans sa direction et de lui projeter au visage du gaz aveuglant, les deux malfaiteurs sont parvenus à s’emparer de la recette (estimée à 30 000 euros). La victime a dû être transportée à l’hôpital.
« 30 milliards de mégots dans nos rues » : un fort titre pour annoncer un dossier de près de deux pages dans Le Parisien / Aujourd’hui de ce mercredi 31 octobre. En fait, il s’agit de promouvoir le lancement d’une campagne de la municipalité parisienne contre les mégots jonchant la chaussée. Un phénomène qui s’aggrave depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
Cette campagne devait être lancée initialement début septembre (voir Lemondedutabac du 10 juillet). Mais il est vrai qu’à l’époque Anne Hidalgo n’avait pas encore annoncé sa candidature à la succession de Bertrand Delanoë pour les élections municipales de 2024.
Car c’est elle qui a présenté, hier, la campagne gaillardement intitulée « Jette pas ton mégot, deviens un héros » en association avec Serge Orru, directeur du WWF. En demandant, par ailleurs, aux fabricants d’« être responsables de leurs déchets ».
Concrètement, et plus modestement, la campagne consiste en l’équipement de 10 000 poubelles de rues d’éteignoirs à cigarettes. Un tiers du parc parisien de poubelles est concerné. Autre volet, plutôt « com » qu’opérationnel : l’annonce que Bertrand Delanoë « a effectivement écrit au ministre de l’Intérieur pour lui demander de valoriser à 68 euros (contre 35 euros actuellement) le montant de la contravention lorsqu’une personne jette sur la voie publique des déchets ».
Dans l’article du Parisien, BAT rappelle avoir alerté les pouvoirs publics sur le sujet, dès 2008, et avoir lancé quelques opérations de diffusion de cendriers biodégradables chez des buralistes souhaitant les distribuer gratuitement.
On remarquera que ce sujet pourrait constituer l’un des nombreux thèmes entrant dans les programmes des prochaines élections municipales.
Le groupe Japan Tobacco a affiché une hausse de 17 ,5 % de son bénéfice net sur les six premiers mois de son exercice en cours (c’est-à-dire d’avril à septembre), grâce à une hausse de ses ventes, apprend t’on à Tokyo, ce mardi 30 octobre.
En effet, le numéro trois mondial du tabac a dégagé un bénéfice net de 1,69 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires de 10,57 milliards d’euros, en hausse de 6%. Le bénéfice d’exploitation est en progression de 25,5%.
Les ventes au Japon ont augmenté de 17% : il est vrai que les ventes de cigarettes avaient décliné en 2011 après le séisme du 11 mars. A l’international (environ la moitié des ventes), le chiffre d’affaires a progressé de 6,6% sur un an, grâce à « une politique de prix solide et une hausse des ventes en volume » et ce, malgré un effet de taux de changes défavorables.
Le groupe a revu à la hausse ses prévisions de bénéfices d’exploitation pour l’exercice en cours. Les prévisions de bénéfice net restent, en revanche, inchangées.
Parmi les questions écrites au gouvernement, publiées ce mardi 30 octobre, on notera celle de l’ancien ministre du Budget, Eric Woerth, sur les difficultés grandissantes des buralistes liées au marché parallèle et aux mesures anti-tabagiques passées et à venir. La question a été posée, en l’occurrence, au ministre de l’Economie, Pierre Moscovici.
« Avec l’augmentation du prix des cigarettes, en dehors de toute coordination européenne, le marché parallèle ne cesse de se développer (achats transfrontaliers, vente à la sauvette, contrefaçon). Estimé à 5 % en 2005, il représente aujourd’hui plus de 20 %, générant pour l’Etat une perte de recettes fiscales et permettant guère de réduire la consommation.
« De plus, les près de 30 000 buralistes en France exercent aussi les activités de commerce de proximité et restent le lieu indéniable du lien social. C’est pourquoi il lui demande ce qu’il compte faire pour permettre aux buralistes de ne pas être que des collecteurs de fiscalité pour l’Etat ».
Dans son communiqué de ce matin (voir notre information), Imperial Tobacco précise à propos de l’Espagne que « les conditions économiques y restent difficiles ; le fort taux de chômage et les nouvelles mesures d’austérité gouvernementale placent encore plus de pression sur les consommateurs ». Donc, le trafic de cigarettes y progresse, est-il bien précisé. Imperial est le numéro un sur ce marché, où il commercialise notamment la marque Fortuna.
Le groupe Imperial Tobacco vient d’annoncer, ce matin 30 octobre à Londres, une chute de 62% de son bénéfice net sur l’exercice annuel 2011-2012 (à 843 millions d’euros).
En effet, le groupe a dû déprécier de 1,2 milliard de livres la valeur de ses actifs incorporels en Espagne, en raison de la « détérioration continue » de l’économie de ce pays, précise le communiqué.
Alors que la semaine dernière a été particulièrement dense avec un vote sur la fiscalité tabac à l’Assemblée nationale et la venue de Jérôme Cahuzac au congrès des buralistes (voir nos informations dans Lemondedutabac du 25 octobre 15h et 18h), il n’est pas inutile de fixer l’horizon des semaines et mois à venir, à l’aune de nos grands sujets d’actualité :
• Fiscalité : l’essentiel des décisions fiscales sur le tabac, pour l’année prochaine, semble s’être dessiné lors du passage du projet de loi de financement de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale, la semaine dernière. L’examen par le Sénat, dans le mois à venir, ne devrait pas entraîner trop de modifications. Même si plusieurs amendements sont attendus.
• Prix : après la hausse du prix des cigarettes, au 1er octobre, et suite aux déclarations de Jérôme Cahuzac de jeudi dernier à l’Assemblée nationale (voir aussi Lemondedutabac du 25 octobre), la prochaine augmentation est attendue, en principe, pour le 1er juillet. D’ici là, il importera de suivre l’évolution du marché, notamment aux frontières, suite à la hausse d’octobre dernier.
• Pression normative : il faudra suivre de près l’enchaînement entre la parution du rapport d’évaluation « de la politique de lutte contre le tabagisme » par la Cour des comptes, en décembre (voir Lemondedutabac du 25 octobre) et la sortie de la nouvelle loi de santé publique (avec un volet addictions et tabac) dont parle avec de plus en plus d’insistance la ministre de la Santé, Marisol Touraine (voir Lemondedutabac du 22 octobre). On évoque, à ce propos, avril prochain.
C’est jeudi prochain, 1er novembre, que le projet de loi anti-tabac russe sera examiné par la Douma, la chambre basse du Parlement. Et que l’on connaîtra la version finale du texte.
Rendu public sur le site internet du gouvernement (voir Lemondedutabac du 18 octobre), le projet de loi prévoit d’interdire le tabac dans les lieux publics (à l’horizon 2015, dès 2014 pour les lieux de travail) et d’augmenter les taxes, dans un pays… où l’on dit qu’il est plus facile de trouver des points de vente de tabac que des marchés de fruits et légumes.
Marie Jego, la journaliste couvrant la Russie pour Le Monde, se demande, dans un article du supplément M (du vendredi 26 octobre) jusqu’où ira la détermination du premier ministre : « champion des effets de manches, Medvedev, qui avait déjà déclaré la guerre à la corruption sans grands résultats, n’a même pas été capable d’imposer une interdiction de fumer au siège du gouvernement sur les bords de la Moskova. »
Pour rappel, ce projet anti-tabac a été lancé par Vladimir Poutine, alors premier ministre, en 2010.




